©

Tallulah Fontaine

Tallulah Fontaine est une illustratrice et créatrice de zine qui habite présentement à Toronto, Canada. Nous l'avons invité à prendre un sonnet de Shakespeare comme inspiration et créer de nouvelles oeuvres pour démontrer l'importance de Shakespeare en 2016. Elle a répondu à quelques questions sur ce que lui inspire dans le sonnet 43.

Pour voir plus de ses œuvres remarquables, veuillez cliquer ici.

QUEL SONNET AVEZ-VOUS CHOISI ET COMMENT VOUS A-T-IL INSPIRÉ ?

J’ai choisi le sonnet 43, How Do I Love Thee?, où le poète raconte l’absence d’un être aimé et les jours et les nuits qui les séparent. J’ai été attirée par la dualité du poème, qui m’a inspirée à créer deux œuvres qui illustrent la clarté et l’obscurité qu’il décrit. Les deux œuvres reprennent le point de vue du poète, qui imagine ou se souvient de son sujet. La première illustration se déroule pendant le jour quand les yeux du poète sont grands ouverts, mais sa bien-aimée apparaît dans l’ombre. J’ai été inspirée par une visite récente à un jardin de lotus et de cycadées célèbre, et j’ai voulu recréer ces formes et ces couleurs dans mon dessin.

La deuxième œuvre représente la scène nocturne. Le poète dort mais il peut maintenant voir son sujet en détail et en couleur. Les environs sont le reflet sombre et déformé de la scène initiale.

SELON VOUS, POURQUOI LES MOTS ET LES POÈMES DE SHAKESPEARE SONT-ILS TOUJOURS AUSSI PERTINENTS AUJOURD’HUI ?

Mon contact avec l’œuvre de Shakespeare a souvent eu lieu par le biais de son interprétation sous forme de ballet. J’ai étudié le ballet pendant des années et j’adorais voir des prestations du Songe d’une nuit d’été ou de Roméo et Juliette. Bien qu’il n’y a pas de dialogue dans ces adaptations, ses histoires et les images qu’elles évoquent me semblent toujours aussi vives et pertinentes.

Son œuvre est tellement aimée qu’elle est maintenant canonisée et complètement intégrée dans notre société, de sorte qu’on en retrouve la trace dans toutes les formes d’art. Et elle continue toujours d’inspirer.

Sonnet 43

When most I wink, then do mine eyes best see, 

For all the day they view things unrespected; 

But when I sleep, in dreams they look on thee, 

And darkly bright are bright in dark directed; 

Then thou, whose shadow shadows doth make bright, 

How would thy shadow's form form happy show 

To the clear day with thy much clearer light, 

When to unseeing eyes thy shade shines so? 

How would, I say, mine eyes be blessed made 

By looking on thee in the living day, 

When in dead night thy fair imperfect shade

Through heavy sleep on sightless eyes doth stay?

All days are nights to see till I see thee,

And nights bright days when dreams do show thee me.